Guide pratique

Vérifier le repreneur (et le cédant) avant une cession : la couche que l'audit comptable ne fait pas

L'audit comptable dit ce que vaut l'entreprise. Il ne dit pas à qui vous avez vraiment affaire. Sur une cession, c'est pourtant là que se logent les mauvaises surprises.

Pourquoi l'audit comptable ne suffit pas dans une cession

La due diligence financière classique couvre les comptes, les dettes, les engagements hors bilan, la valorisation : une photo des chiffres à un instant T. Ce qu'elle ne regarde jamais, c'est qui est réellement en face — repreneur ou cédant : son historique de dirigeant, ses autres sociétés, sa fiabilité de paiement, son exposition à des contentieux.

Les deux risques sont symétriques. Côté vendeur : céder à un repreneur insolvable, surendetté ailleurs, ou coutumier du dépôt de bilan — avec un crédit-vendeur ou un complément de prix qui ne sera jamais payé. Côté acheteur : reprendre d'un cédant au passif caché, aux litiges latents, ou dont l'activité est déjà passée par une structure radiée puis recréée. Cette vérification ne remplace ni l'audit comptable ni l'avocat : elle les complète sur le volet réputation, antécédents et liens — à partir de sources publiques uniquement.

Vérifier le repreneur : 7 points de contrôle sur sources ouvertes

  1. La structure de reprise (souvent une holding récente) : immatriculation RNE/INPI, date de création, capital, adresse. Une holding créée la veille mérite attention.
  2. L'historique de dirigeant : autres mandats passés et présents, pour repérer un parcours fait de sociétés en difficulté.
  3. Les procédures collectives : mentions BODACC (sauvegarde, redressement, liquidation) attachées au repreneur ou à ses anciennes sociétés.
  4. La fiabilité de paiement : signaux publics d'incidents (privilèges, nantissements, jugements publiés), utiles avant d'accepter un crédit-vendeur.
  5. Les bénéficiaires effectifs réels de la holding : qui contrôle vraiment, au-delà du gérant déclaré.
  6. La présence presse et l'e-réputation : litiges médiatisés, signaux faibles à recouper.
  7. Sanctions / PEP : vérification de listes publiques quand le montant ou le contexte le justifie.

Vérifier le cédant : ce qui peut se cacher derrière une belle vitrine

Le timing : quand lancer cette vérification

Au plus tôt, un premier screening avant la lettre d'intention (LOI) permet de décider si l'on engage du temps et des frais d'audit. Pendant la due diligence, la vérification se mène en parallèle de l'audit comptable et juridique, sur un périmètre défini avec l'expert ou l'avocat. Avant la signature de l'acte définitif, une revérification ciblée capte les changements de dernière minute (procédures récentes, modifications de structure). Et pour un crédit-vendeur ou un earn-out, la solvabilité du repreneur se vérifie avant d'accepter tout paiement différé. Un rapport sur sources ouvertes se livre en 24 à 48h, compatible avec le rythme serré d'une négociation.

Ce que les sources ouvertes permettent — et ce qu'elles ne permettent pas

Ce qu'on fait : croiser des registres officiels (RNE/INPI, BODACC, bénéficiaires effectifs), la presse, les décisions publiées et les listes de sanctions, puis livrer un rapport où chaque fait est relié à sa source. Ce qu'on ne fait pas : aucune filature, aucun accès à des données privées, bancaires ou fiscales non publiques, aucun contournement de conditions d'utilisation. Tout repose sur des données publiques et officielles, sans investigation sur la vie privée — le périmètre de l'intelligence économique. La limite est assumée : l'analyse révèle des signaux et des liens publics, pas une vérité absolue ; elle oriente les questions à poser en audit et les garanties à négocier. Le rapport se transmet à l'expert-comptable et à l'avocat pour nourrir leur travail, pas pour s'y substituer.

À quoi ressemble un rapport de vérification de contrepartie

Avant de signer une cession, sachez à qui vous avez affaire
Verilum vérifie le repreneur ou le cédant sur sources ouvertes : historique de dirigeant, procédures, réseau de sociétés, bénéficiaires effectifs — chaque fait sourcé, conforme RGPD, livré en 24-48h.

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